mercredi 13 juillet 2016

Hellfest 2016 - Jeudi/Vendredi





Déjà 11 ans que le Hellfest existe. 11 ans que le festival évolue au fil des années, devenant de plus en plus gros et ramenant de plus en plus de monde en son sein. Cette édition 2016 ne déroge pas à la règle avec son lot de nouveautés, son affiche alléchante et son public toujours aussi... merdique. 

Etant donc présent à cette édition 2016, voici mon (long) report que je vais diviser en 3 parties pour une meilleure lisibilité.

Jeudi

4ème fois que je me rends au Hellfest pour ma part. Après 2012, 2014 et 2015, me voici de nouveau à Clisson, petite ville médiévale de Loire-Atlantique. Soyons honnêtes, je n'étais pas chaud pour revenir en terre clissonaisse à la base. La raison est double : d'une part car quasiment toutes les places ont été vendues avant même la première annonce de groupes (et je trouve ça honteux que le festival ne garde pas au moins la moitié des places en réserve en attendant l'annonce des groupes comme les autres années) mais également car le Hellfest est devenu le Beaufest. Le public n'en devient que plus ridicule, préférant se déguiser et gueuler apéro en se mettant des murges au lieu de profiter des nombreux concerts présents à l'affiche (sauf pour Rammstein évidemment !). Pire, le Hellfest les conforte dans cette idée en instaurant des conneries inutiles comme la grande roue (présente depuis deux/trois ans) et maintenant une tyrolienne. Manque plus qu'un Hellfest Coaster pour concurrencer Disneyland tiens ! Mais bon, l'affiche étant très très alléchante, j'ai craqué. En particulier à cause de King Diamond et Twisted Sister, je dois bien l'avouer.

Départ mercredi vers 23h00 en compagnie de la Chabette mais également d'un couple d'amis en direction de Clisson. Préférant rouler de nuit, le trajet se passa très bien et nous arrivâmes vers 3h30 du matin. Le Red Camp étant comme à l'accoutumé ouvert, nous sommes allés nous installer et c'est parti pour un dodo bien mérité bien que trop court. On va vite avancer vers la fin de journée, passant l'épisode de l'attente aux portes du festival mais également aux portes du camping pour cause de boue conséquente, pour s'attarder sur les deux petits concerts que j'ai été voir au Metal Corner, scène découverte où je vais chaque année observer un ou deux groupes. Ma soif de musique est sans fin !

Premier groupe à fouler les planches de la scène découverte, Viktims nous propose un Crust bien puissant et racé. Malheureusement, le son n'était vraiment pas à la hauteur : cela ressemblait plus à une bouillie sonore qu'à autre chose. Dommage car la volonté du groupe et le dynamisme du chanteur faisait plaisir à voir. A revoir dans de meilleures conditions car je n'ai pas réussi à accrocher plus que ça.

Si le son se veut toujours aussi mauvais avec les Bretons de Radical Failure, le groupe m'a néanmoins bien plus convaincu que Viktims. Proposant un Street Punk énergique, les Bretons vont enflammer le Metal Corner. Par ailleurs, le groupe n'aurait pas dénoté sur la Warzone, en ouverture le vendredi par exemple. Bref, c'était dynamique, les titres s'enchaînent rapidement, certains refrains restant facilement en tête. Une bonne découverte !

Initialement, j'avais prévu de voir Angry Days et Supertanker mais j'avoue avoir eu la flemme, tant la fatigue se faisait sentir. J'en profiterai pour aller boire un verre avec les collègues du forum Hellfest et également récupérer l'ami Chlorure (guitariste d'Above Us) vers 23h30 afin de le conduire vers notre point de chute au Red Camp. Après l'avoir aidé à installer sa tente, je m'écroule sur mon matelas et plonge dans un sommeil profond.

Vendredi

 On va pas tergiverser pendant des heures, l'important dans un live-report, c'est de parler des groupes. Alors c'est parti pour un long report de la journée de vendredi déjà bien chargée en émotion et en bons concerts.

Premier concert du vendredi, Monolord a envoyé son Stoner/Doom devant un parterre moyennement rempli. Et putain, que c'était bon ! On s'est pris buche sur buche avec ce groupe : seulement 3 titres joués (faut voir la longueur des morceaux aussi...) mais quel pied ! Porté par un son parfait où tous les instruments étaient audibles, Monolord a mouché tout le monde, en particulier avec son dernier titre Empress Rising. Une très belle entrée en matière et l'une de mes premières claques du festival.

Delain
continue les hostilités sur la mainstage. Bon c'est le genre de groupe que je n'aime pas spécialement. En fait, je n'ai rien contre la scène Symphonique mais au global, c'est clairement pas ma came. Mais quand on aime, on fait des efforts et c'est donc avec le sourire que j'accompagne ma dulcinée voir Charlotte et sa clique. Et bien, ce fut une très bonne surprise. Déjà car le son était bon et que le groupe était clairement en forme, très communicatif avec le public mais également car ils ont joué la seule chanson que je connaissais, à savoir We Are The Others, un petit tube qui reste en tête toute la journée. Si techniquement, ça ne vole pas forcément très haut, il reste que Charlotte Wessels a une superbe voix et qu'entendre les quelques titres joués en ce vendredi matin fait réellement plaisir. Pas une claque mais un bon concert malgré tout !

On enchaîne de suite avec Audrey Horne et son Hard Rock bien groovy. Même si les compos se révèlent fort sympathiques, je n'adhère pas à leur show pour la simple et bonne raison que le son manque de puissance. On a l'impression d'assister à une sorte de Hard Rock mou hormis le dernier titre , à savoir l'excellent Waiting for the Night au refrain très fédérateur qui permit de remonter un peu le niveau. Une déception donc, la première du week-end. Bien dommage car le groupe mérite mieux que ça !

Cruachan c'est le genre de groupe hyper culte que tout le monde a oublié. Moi le premier car finalement, si je me retrouve à ce concert c'est parce que Chlorure m'a vanté les mérites de ce groupe. Bref, si le son ne rend pas vraiment honneur au groupe, l'ambiance est quand même très festive dans la fosse. Avec son côté Black/Folk un peu pouet pouet à certains moments, Cruachan conquit un public venu en découdre à coup de Wall of Death et autres joyeusetés mais tout en restant bon enfant. Musicalement, rien de marquant pour ma part. Si le tout est bien effectué, je n'ai néanmoins retenu aucune chanson marquante qui se dégageait du set. Un concert sympathique mais pas inoubliable...

...contrairement à Wo Fat qui porte terriblement bien son nom. Dans le genre parpaing en pleine gueule, le groupe se pose là. C'est en gros néophyte que je me rends sous la Valley et j'ai pris une grosse claque. En même temps, les Ricains ont balancé un Stoner digne des plus grands, avec cette basse vrombissante et des rythmiques à toute épreuve. J'ai peu de choses à dire dessus vu que j'en suis un gros néophyte mais c'est un groupe que je dois approfondir en studio... et revoir en salle au plus vite !

Première fois que je me rends à la nouvelle Warzone, tout simplement magnifique et bien mieux agencée que les précédentes éditions. Et en plus, j'y vais pour un groupe qui en a dans le pantalon : All Pigs Must Die ! Bon ba, sans surprise, ce fut un rouleau compresseur : les cris déchirés de Kevin Baker font leurs effets et Ben Koller matraque ses fûts comme jamais. D'ailleurs, je préfère All Pigs Must Die à Converge mais ça n'engage que moi ! Les titres s'enchainent, ne se ressemblent pas sauf en termes de puissances et de violences.  La violence sonore qui se déploie se ressent dans le pit qui est bien violent (certains vont repartir un peu abimés d'ailleurs !) : All Pigs Must Die a le public dans la poche. Une seule chose à dire finalement : GOD IS WAR !

Petite pause (oui car jusque là, j'ai un peu enchaîné sans temps mort...) le temps de manger un panini (cher mais pas mauvais), loupant accessoirement le set de Sadist puis je retourne me poser à la Warzone, histoire de souffler un peu et d'attendre le prochain concert.

Et c'est Victims (à ne pas confondre avec les Français de Viktims) qui déboule sur scène. Ce groiupe m'attirait particulièrement, entre autre parce que leur son bien violent flirte avec la mélodie de temps à autre. Peu de monde devant leur concert, ce qui fait que j'opte rapidement pour la barrière, histoire d'avoir une vue irréprochable sur la scène. Et bien mon cochon (un rapport avec All  Pigs Must Die ?), encore un groupe à approfondir ! Les mecs ont bouffé du Crust et du Punk durant leur enfance, y'a pas de doute là dessus. C'est violent, ça frappe là où ça fait mal mais ça n'en oublie pas pour autant les mélodies et les refrains que l'on peut scander à pleine voix. Une véritable ambiance Punk, voilà ce qu'est un concert de Victims !

En 2016, une bonne partie de la scène Thrash est mise sous l'Altar (ce qui fait moins de Death Metal du coup...). Et pour mon premier concert du genre au HF 2016, je commence fort avec les Américains d'Havok que j'ai pu voir à Paris quelques jours plus tôt. Sur Paris, le concert était sympathique avec une bonne ambiance mais un son très très hasardeux. Je suis déjà aux anges quand je vois que le groupe obtient un très bon son sous la Altar. Leur concert commence fort avec Point of no Return qui lance les premiers pits. Et il faut dire que le public a répondu présent : il y aura bon nombre de wall of death et autres circle pit pendant tout le set. Côté set-list, tout s'enchaine vite : No Amnesty suivi From the Cradle to the Grave entraine tout le monde à bouger, sauter, slammer et foutre le bordel. Bien sûr, le final sur DOA et Give me Liberty or Give me Death fait toujours son petit effet et prouve encore une fois qu'Havok a vraiment la carrure pour devenir un grand groupe de Thrash (contrairement à pas mal de jeunes groupes actuels). Notons qu'Havok, sur une aussi grande scène, est très à l'aise : beaucoup de communication avec le public, show carré et efficace, le groupe se veut très très professionnel. A tel point que je me suis demandé si c'est bien le même groupe que j'ai vu à la Mécanique Ondulatoire quelques jours auparavant. Excellent, tout simplement !

Bon, je commence à pas mal courir entre les scènes (Mode marathon : ON) mais c'est pour ne rien louper de la prestation de Vision of Disorder sous la Warzone. Alors oui, je rate volontairement Anthrax, déjà car leur set-list pue bien la merde (ça c'est dit) et que Vision of Disorder est assez rare en France pour qu'on daigne s'y intéresser un minimum. Bon, j'y vais un peu en mode "découverte" et j'ai pas regretté : si les quelques chants clairs du chanteur m'ont un peu fait peur (mais un peu seulement), le reste m'a séduit de bout en bout : un chant hargneux, des rythmiques tantôt bien violentes et directes dans la gueule, tantôt un peu plus alambiquées et un groupe de dingue sur scène. Bon soyons honnêtes, le groupe ne fait pas du Hardcore pur jus et pioche également dans la scène Metalcore mais franchement, pourquoi s'en plaindre ? Suffit d'écouter Imprint pour se rendre compte de la qualité de composition du groupe. Bref, aucun regret d'avoir louper Anthrax !

Comme je l'ai dit précédemment, le rush entre les scènes se veut de plus en plus fatiguant. Je vais donc regarder Vader, assis tranquillement sur le côté. Peu de choses à dire sur leur prestation : c'est carré, tu as l'impression qu'un char d'assaut te roule sur la gueule et le groupe sait sortir les bonnes rythmiques Thrashy quand il le faut (Triumph of Death). La finesse Polonaise en somme !

Inquisition
enchaînera avec son black crasseux sur la scène d'à côté : première fois que je les vois et je fus très surpris. Autant le black sur skeud, j'aime plutôt bien, autant en live ça a tendance à m'emmerder à un point inimaginable. Du coup, j'évite pas mal la Temple au HF tant je suis déçu assez régulièrement. Sauf que là, ba non. Un super son, deux zicos au top (j'adore les groupes en binôme, à chaque fois je prends une mandale), bref une bonne branlée. Bon, si un petit défaut : c'est quand même super con d'avoir un putain de premier album ("Into the Infernal Regions of the Ancient Cult" datant de 98), pour ne pas dire votre meilleur album, et de n'en jouer AUCUN titre. Franchement, un petit The Initiation aurait vraiment pu faire mouche !

Du coup, si je suis resté pour Inquisition, c'est surtout pour ne pas avoir à courir pour voir Sacred Reich, l'un des groupes que j'attendais le plus de la journée. Aucune déception à l'horizon, bien au contraire puisque les ricains furent en forme ! Commencer le show avec The American Way était forcément un signe de réussite ceci dit. Mais bon, voyez plutôt : Death Squad, Love...Hate, Ignorance, Blue Suit Brown Shirt, Independant, Surf Nicaragua... Personnellement, j'appelle ça une set-list d'enculé ! Super carré, le groupe envoie la sauce avec un gros point positif pour la voix de Phil qui est juste parfaite, aucune faiblesse, aucune baisse de régime. Seul point noir du concert : le gros fils de pute qui a ouvert mon sac pendant mon slam (heureusement, il n'a pas pu chopper mes papiers !). J'ai même récupéré mon sweet Death à la fin du concert (merci la sécu !). Bref, hormis ce petit désagrément (si jamais tu me lis petit fouineur, sache qu'une batte de baseball fait énormément de dégâts, en particulier lorsque l'on vise les rotules, je préfère prévenir si jamais l'envie te reprenait d'avoir les mains baladeuses...), un super concert qui entre clairement dans mon top 5 du festival !

Seconde pause bouffe de la journée (et repos également) avant d'enchainer avec un autre monstre du Thrash.

Overkill
investit la scène en pleine forme, avec un bon petit Armorist qui passe bien le cap du live (même si le titre à tendance à me souler sur skeud). Première fois que je les vois (oui j'ai raté la date Parisienne, lapidez-moi, je vous en prie !) donc je suis aux anges, en particulier quand les premiers accords de Rotten to the Core retentissent. Fan absolu du premier opus, je prends mon pied sur ce titre qui reste l'un de mes préférés du groupe. La set-list oscillera entre du récent (Electric Rattlesnake, Ironbound) et du old-school (Hello from the Gutter, Hammerhead, Feel the Fire, Coma). Un juste milieu donc, qui m'a bien plu et qui a peut-être permis à certains de découvrir le groupe sous plusieurs facettes de sa carrière. Bien sûr, gros final sur Fuck You, que tout le public reprendra à haute voix ! Un super show !

Je me suis dirigé vers la Warzone pour voir les Ricains de Converge et j'ai tenu 3 titres à peine : un groupe plutôt chaud mais une guitare inexistante dans le mix. Du coup, ça paraissait relativement plat (un comble pour ce groupe !). Je n'ai pas eu le courage de rester... et me dirige vers la Temple pour revoir Aura Noir. On sent que Rammstein joue en même temps car on notera autant de monde qu'à 10h30 du mat devant le groupe. Invraisemblable et tellement révélateur du public actuel du HF. D'ailleurs, la Mainstage semblait inaccessible tant il y avait du monde pour voir les Allemands. Bref; Aura Noir envoie son Black Thrash bien comme il faut, rien d'original mais d'une efficacité redoutable. Le son était, qui plus est, vraiment bon, un plaisir pour les oreilles. Petit final sur Conqueror et le groupe s'en va sobrement, sûrement un peu déçu du manque d'engouement pour leur musique. Revenez au Fall of les gars, on vous accueillera bien !

Je suis obligé de parler du prochain concert ou pas ? Si ? Vraiment ? Bon... Donc, première fois que je vois Testament, autant dire que j'étais en joie sauf qu'il y a eu un enculé d'ingé son qui a décidé, en toute simplicité, de massacrer mon concert. Bon, objectivement, les zicos ont fait quelques pains mais c'est quoi ce son immonde ? Et j'ai testé partout : devant, sur la droite, derrière, près des ingés sons... Ils ont de la merde dans les oreilles ? Leurs sonotones sont hs ? Pour dire, j'ai reconnu Over the Wall au moment où il y a eu le refrain... Alors oui, la set-list était pas dégueu (Into the Pit, Practice What You Preach, The New Order, Discilples of the Watch, More Than Meets the Eye) mais franchement le son a tout gâché. J'ai même pas tenu jusqu'à la fin, me barrant en plein milieu du dernier titre.

On a vainement tenté, ma dulcinée et moi-même, de nous rendre en Mainstage pour Offspring mais c'était sans compter le troupeau de beaufs qui revenaient de Rammstein. On a donc fait demi-tour et sommes rentrés nous coucher. Première journée remplie d'excellents concerts et de quelques déceptions qui m'a complètement rincé (le rush entre les scènes n'aide vraiment pas). Bref, dodo time avant d'enchainer avec une seconde journée tout aussi riche en émotion...

jeudi 26 mai 2016

Live-report : Power Trip + Verbal Razors + Lodges + Jack Move


S'il y a bien un groupe qui monte vraiment rapidement au sein de la sphère Cross-over, c'est bien Power Trip (et Foreseen, je l'avoue). En même temps, comment ne pas apprécier leur unique album lorsque l'on voit la qualité des chansons qui le composent.

Du coup, j'étais très impatient de me rendre à ce concert au Gibus Live, près de République. Notez qu'en plus de Power Trip (qui vaut le déplacement à lui seul), 3 groupes Français sont présents à l'affiche : les Parisiens de Jack Move et Lodges mais également Verbal Razors qui nous vient de Tours. Une fois n'est pas coutume, cette date est organisée par Paris Hardcore Shows qui, de manière générale, propose d'excellentes affiches.

Tout débute avec une surprise assez inattendue : le prix du billet passe de 12€ initialement annoncé à 10€. Vous comprendrez par la suite pourquoi cette baisse de prix a eu lieu. Bref, c'est Jack Move qui ouvre les hostilités. Alors là, on est dans du Hardcore assez basique mais foutrement dynamique. Rien d'original dans leur prestation ou dans les titres joués mais on prend plaisir à écouter leur HxC. Bon, un petit bémol néanmoins : la voix du chanteur. Sans être immonde, elle est surtout très classique, un peu trop justement. Elle manque d'un je ne sais quoi qui permettrait au groupe de se démarquer. A suivre de près néanmoins !

Si autant je n'avais jamais entendu parler de Jack Move, ce n'est pas le cas pour le second groupe de la soirée : Lodges. Bon, si vous trainez un tant soit peu sur différents labels comme Straight and Alert géré par Alexis de Harm Done ou PPB Records, vous avez forcément entendu parler de Lodges . Et si ce n'est pas le cas, alors jetez vous sur See God, leur unique album à ce jour. Car Lodges en live, c'est la même chose que sur album : tu arrives tranquillement, posé, tout souriant et... BOOM, d'un coup, tu te prends un parpaing en pleine gueule. Mais genre le truc qui te démonte les oreilles, les cervicales et le cul en 3 secondes, montre en main. Déjà, le gros point positif, c'est la qualité du son : le mix était parfait. J'ai rarement vu un son aussi bon et aussi massif sur du Hardcore. Tous les instruments étaient mis en avant de la façon la plus parfaite possible. Et que dire de cette voix ? Le plus souvent bien violente, quelques fois plus posée (mais quelques fois seulement hein !), le tout rendait parfaitement bien. En fait, j'aurai même aimé qu'ils jouent plus longtemps tant je n'arrivais pas à décrocher les yeux de la scène. Une tuerie, point barre.

On change de style : bienvenue dans le doux et joli monde du Crossover. Et pour ça, j'appelle les Tourangeaux de Verbal Razors. Alors, avant même de parler de la musique, j'aimerai revenir sur la prestation du groupe ET en particulier sur celle du chanteur. Du coup, juste une question : il prend quoi le mec ? J'ai jamais autant oscillé entre le rire, la gène et la surprise que devant le jeu de scène du chanteur de Verbal Razors (ha si, peut-être devant la presta du chanteur de Pentagram !). Hey, soyons clair, je ne dis pas que c'est naze, bien au contraire. Ça a le mérite d'être fendard et quand on voit le nombre de groupes qui ne bougent pas d'un iota sur scène, force est d'avouer que ça fait plaisir à voir ! Mais c'est vrai qu'entre ça, les blagues à la con et les interventions du chanteur qui donnent l'impression de regarder Kamoulox, on peut se poser la question de la drogue ingurgitée par celui-ci. Sauf qu'après, vous entendez la musique. Et là...

Alors sur skeud, j'avais écouté quelques titres (il y a un petit moment déjà) et j'avais moyennement accroché. Mais en live, on a du pur Crossover aux rythmiques qui te donnent envie de bouger dès les premiers accords. Les mecs ont dû bouffer un peu de D.R.I durant leur enfance, c'est pas possible autrement. Les titres se veulent très courts mais vraiment efficace et, finalement, je n'en demandais pas plus ! C'est donc un déferlement qui s'abat sur scène et le public se veut assez réceptif (bien que le pit soit plutôt calme). Vraiment une bonne surprise que ce groupe à qui je vais, de ce pas, laisser une nouvelle chance sur skeud. Comme on dit, il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis.

Le bouquet final arrive enfin, je suis comme un dingue, je vais enfin voir Power Trip. Mais.. Oui il y a un mais. Un peu plus haut je vous disais que le prix avait diminué de 2€. Et on comprend donc pourquoi : le chanteur de Power Trip a raté son avion (oui oui c'est possible, moi aussi je me suis posé la question, ne vous inquiétez pas !) et du coup, le groupe se retrouve à 4 membres au lieu de 5. Que faire dans ces cas là : soit annuler le show soit s'adapter et montrer au public qu'on a des bollocks aussi grosses que celles d'un éléphant. Power Trip fait partie de cette seconde catégorie, le groupe qui ne se moque pas de son public : l'un des guitaristes annonce qu'il chantera pour ce show et hop, c'est partie.

Alors, oui le show fut plus court que prévu. Mais franchement, on s'en fout. Les mecs ont tout détruit, ils nous ont vidangé les esgourdes comme jamais. Le guitariste a une pure voix de folie, se rapprochant de celle du chanteur et.. allez j'ose, peut-être même meilleure que celle du chanteur ! Franchement, il n'y a rien à dire, si l'on fermait les yeux, on n'y aurait vu aucune différence. Accompagné d'un son aux petits oignons, le crossover des Ricains fait mouche et le pit se déchaîne (avec un petit circle pit sur la fin). Le groupe ne se démonte pas et joue même un titre sans chanter les paroles (les membres ne s'en souvenaient plus, hormis les paroles du refrain). C'était sans compter sur les dingues du pit qui se jettent sur le micro pour chanter/brayer/yaourter une partie des couplets. Certains gueuleraient, crieraient à l'arnaque mais moi j'appelle ça un show de pure authenticité et merde, ça fait tellement du bien de voir ça. Alors oui, j'ai hâte de revoir Power Trip au Hellfest avec leur chanteur mais je ne regrette pas d'être venu et, finalement, d'avoir vu ce show "unique". Dommage si vous avez raté ça !

Comme toujours, Paris Hardcore Show a monté une belle affiche et la soirée fut géniale de bout en bout. La salle n'était pas remplie mais il y avait assez de monde pour obtenir une bonne ambiance durant les 4 concerts. Merci donc à l'asso, à la salle et aux groupes pour leurs prestations !

Chab


mardi 24 mai 2016

[Live-report] Hürlement + Electric Shock + Herzel à L'International (Paris)


Lorsque j'ai vu que les Bretons d'Herzel déboulaient à Paris en ouverture d'Hürlement, j'ai sauté de joie. Je ne sais pas pour vous mais pour ma part je considère leur démo Unis dans la Gloire, unique production à leur actif pour le moment, comme un chef d’œuvre du Heavy Metal. En seulement deux titres, le groupe a su s'imposer comme le renouveau du Heavy Metal chanté en Français, doux successeur de Sortilège.

Le concert se déroulant un samedi soir, aucune raison valable de louper cette date pour ma part. Ni une, ni deux, je me rends donc à l'International (près du métro Ménilmontant), un bar avec une salle au sous-sol. L'ambiance est chaleureuse, on aperçoit de nombreux habitués des concerts de Heavy et, de surcroit, pas mal de potes.

Herzel ouvre donc les hostilités. Arborant un magnifique drapeau Breton tenu par le chanteur en début de set, le groupe balance son Heavy en commençant par un titre inconnu par le public. Beaucoup plus punky qu'à l'accoutumé, la chanson fait mouche et me séduit amplement (il me semble qu'elle se nomme "La Flamme" si j'ai bien entendu ce que me disait le chanteur après le concert). En termes de nouveau titre, nous aurons également le droit à "L'épée des Dieux" (petite info au passage : il sera peut-être ajouté sur une possible réédition de la démo en vinyle ! Wait & See !), titre dans la veine de "Nominoe" et "Unis dans la Gloire" : épique, entrainante et possédant un refrain mémorable.

Bien sûr, les deux titres de la démo précédemment cités seront joués ce soir et l'on voit bien que  
Herzel avait le public dans sa poche : j'ai rarement vu autant de personnes chantés en cœur les paroles d'un groupe de première partie. Le groupe paru d'ailleurs surpris de l'enthousiasme du public. Le show se finira sur une reprise de H and H nommée "L'Etandard" que j'avoue ne pas connaître. Du coup, merci pour la découverte les gars ! Seulement 5 titres joués par le groupe ce soir mais l'une de mes plus belles claques live de l'année pour le moment.

C'est Electric Shock  qui prend le relai. J'avoue ne pas connaître du tout le groupe musicalement parlant même si, à de nombreuses reprises, on m'en a vanté les mérites. Et c'est une très bonne surprise que ce concert/ Chantant principalement en anglais, le groupe balance une sorte de Hard/Heavy bien péchu, très groovy, donnant la bougeotte à n'importe quel fan du genre. Les riffs fusent à tout va, les titres s'enchaînent rapidement et on ne s'ennuie pas une seconde. Il est assez drôle de noter que le chanteur est un paradoxe à lui tout seul : très grand, assez carré, il arrive pourtant à monter dans les aigus comme personne. Le décalage peut faire sourire mais ne vous y méprenez pas, vous allez rester sur le cul en entendant sa voix très impressionnante et maîtrisée. Rien de plus à dire sur ce concert hormis le fait que j'ai passé un pur moment de Hard. Et c'est bien là l'essentiel !

Le plus drôle dans cette soirée, c'est que finalement, hormis Herzel, je ne connaissais aucun groupe. Pas même Hürlement qui sont pourtant de la région. Alors, petite dose de rattrapage pour ma part. Et quelle dose ! Mais comment ai-je pu passer à côté de ce groupe pendant si longtemps ? Ils ont pourtant déjà deux albums à leur actif et un troisième sur les rails. Rien à dire en termes de voix, le chanteur s'en sort aussi bien que les deux groupes précédents : montant aisément dans les aigus et très dynamique sur scène. Ne connaissant pas les titres, je les découvre sur scène : à coup de "Moine Guerrier", "Mercenaire" ou encore "Prince Noir" (avec une petite blagounette sur Prince), le groupe m'a totalement séduit. Le groupe terminera son show sur l'excellente "Sortilège" de Sortilège (logique), reprit en chœur par le public. D'ailleurs, le chanteur d'Electric Shock se joindra à Hürlement pour ce dernier titre.

Une pure soirée de Heavy, voilà ce que j'en retiens : 3 groupes au top, un public chaud bouillant et une ambiance joyeuse. La scène Française a encore beaucoup de choses à dire !

vendredi 22 avril 2016

Live-report : Necrowretch + Skelethal + Cadaveric Fumes + Creeping Fear


Il n'y a pas à dire, quand PNA organise une date, c'est rarement de la merde. Si vous ne connaissez pas encore cette asso Parisienne, sachez qu'elle a quand même fait venir sur Paris, avec ses maigres moyens, de nombreux groupes de qualité : Erer Altor, Forgotten Tomb, Helrunar, Hocico, Isole, Kampfar, MGLA, One Tail One Head, Possession, Prostitute Disfigurement, Rompeprop, Sale Freux ou encore TotalSelfHatred ! En clair, une asso qui ose proposer des affiches, certes risquées, mais bougrement intéressantes.

Et histoire de ne pas déroger à la règle, c'est encore une affiche complètement bandante que propose PNA : entièrement dédiée à la scène francophone, nous retrouvons Creeping Fear, Cadaveric Fumes, Skelethal et Necrowretch le temps d'une soirée placée sous le signe du Death Metal.

Par ailleurs, ce fut la première fois que je mis les pieds au Cirque Electrique. Et ce fut une très mauvaise expérience : son mauvais, salle vraiment désagréable et gestion des problèmes proche du niveau 0. Bref, salle à éviter si possible !

Tout débute avec les Parisiens de Creeping Fear. Seconde fois que je les vois (la première fois, c'était une date merdique à Bagnolet) mais toujours le même constat : c'est bien fait (bien plus carré que la première fois que je les ai vu) mais beaucoup trop classique, manquant du petit plus qui nous ferait headbanguer. De fait, on s'ennuie rapidement même si les musiciens s'en sortent avec les honneurs. Bien fait mais pas un souvenir impérissable.

Cadaveric Fumes a, quant à lui, ce quelque chose en plus : très sombre, le groupe nous balance un Death bien gras, tantôt lancinant, tantôt bien rentre dedans. Et franchement, la sauce prend amplement. Le seul hic fut le son : une sorte de bouse inaudible qui ne mettait clairement pas en avant la musique des Rennais. Pourtant, le public fut conquit, tant leur Death est authentique. Un groupe à suivre de près !

Le groupe que j'attendais le plus de la soirée était Skelethal. Lorsque j'écoute leurs titres, j'ai l'impression de revenir 25 ans en arrière lorsque Autopsy balançait son Mental Funeral. Il n'y a pas de doute, Skelethal a clairement puisé son inspiration chez les Ricains, en y ajoutant leur dynamisme et leur vitalité. Ce mélange de plans Death bien gras, de rythmiques dantesques et de voix d'outre tombe fait clairement mouche. Et force est d'avouer que ce genre de Death prend des dimensions phénoménales en live, entraînant le public à headbanguer et lever le poing en rythme. Que dire de leur prestation ? Clairement la meilleure de la soirée, enterrant selon moi celles des autres groupes. 

La soirée se termine avec Necrowretch que j'avais pu voir au Hellfest (2014 ? 2015 ? J'ai un sérieux doute). Rien à dire, le groupe est toujours aussi efficace mais je serai moins emballé tant Skelethal a mis la barre haute, très haute. Devant une salle remplie (le groupe commence a se faire une sacrée réputation), le groupe balance son gros Death/Black,  à coup de "Putrid Death Sorcery", "Black Death Communion" ou "Purifying Torment". Necrowretch termine donc la soirée en beauté, puisant sa force dans un public conquit d'avance. 

Une très bonne soirée avec des groupes investis, qui n'hésiteront pas à être arrangeant avec l'association afin de rattraper le retard dû à des problèmes de matériel (merci la salle...). Un grand merci aux groupes, à l'asso et au public ayant répondu présent en masse.

dimanche 6 mars 2016

Live-report : PPB Gros Sacs Fest au Café de Paris (27/02/2015)


Le label parisien mené par Romain (Hightower) & Soufiène (Mind Awake) souffle aujourd’hui sa première bougie. PPB a donc décidé de monter le Gros Sacs Fest pour l’occasion, en faisant venir des groupes français tels que No Season (Metz), Lodges (Paris) ou encore Harm Done (Nantes), mais aussi des groupes belges avec Heartfelt et xDEVOURx. Des expositions y étaient également visibles, les tatoueurs XCYRX et Clément Baptiste présentant des planches de flash, ainsi que le collectif d’illustrateurs JAUNE COCHON.

La fête se passe donc au Café de Paris, ce qui me laisse un peu perplexe avant même d’y être, d’abord à cause de sa taille (cette salle ne peut vraiment pas accueillir un grand nombre de personnes), mais surtout à cause du son. Ayant assisté à plusieurs concerts dans cette salle, je n’ai jamais eu un son parfait mais je dois dire que j’ai été agréablement surpris ce soir là. Je mets donc les pieds au Café de Paris juste après le set de No Season. Le concert des messins ayant commencé à 17h30, je n’ai pas eu la chance d’y assister. Le temps de prendre une boisson, de jeter un coup d’œil au merch, assez fourni malgré tout, grâce aux tapes que le label a ramené pour son anniversaire, mais également grâce au stand du label Straight & Alert géré par Alexis (Harm Done) qui n’a ramené pour l’occas qu’une petite partie de son stock, c’est maintenant au tour des belges de Heartfelt de monter sur scène.


Le combo vient défendre ce soir sa nouvelle galette Deprived of Compassion. Leur Hardcore 90’s style n’est pas désagréable en studio mais je dois avouer que j’ai vraiment eu du mal à rentrer dans leur show ce soir là. Peut être à cause du manque d’ambiance, le public étant encore parsemé, on sent que le groupe n’est pas vraiment là. Je ne vais pas m’étendre sur leur prestation, en espérant que leur prochaine fois dans la capitale soit plus concluante. Je tiens cependant à dire deux mots sur le son, qui était vraiment aux petits oignons, ce qui est vraiment surprenant dans cette salle, et pour une première partie. L’ingé a fait du très bon travail toute la soirée, avec le peu de matériel qu’il possédait.


C’est maintenant au tour de xDEVOURx, l’autre groupe belge de la soirée de nous présenter son hardcore tout en puissance. Jouant devant plus de monde que leurs potes juste avant eux, on les sent plus en confiance : le combo straight edge sait y faire avec le public, bien que celui-ci soit encore un peu timide. Ils nous présentent donc un set bien exécuté, rentre dedans, et sans prétention. N’ayant pas été personnellement séduit par leur prestation je salue cependant leur performance qui saura en convaincre plus d’un.


Le temps de faire une petite pause, de manger un bout, vient maintenant les 5 compères de Lodges. Le groupe parisien revient à la maison présenter son premier album See God, chose qu’ils n’avaient pas encore fait devant leur propre public. Etant venu plutôt en mode « découverte », je dois dire que c’est une bonne première pour ma part, le groupe ayant délivré un show vraiment convaincant, en mettant logiquement leur nouvel album en avant. C’est donc devant une salle maintenant blindée que les parisiens envoient leur hardcore. On les sent proches du public et contents d’être présent ce soir. Connaissant désormais mieux le jeune combo de la capitale, j’ai hâte de voir leur set le 24 mai prochain en première partie de Power Trip au Gibus live afin de me faire une encore meilleure idée. PPB, les ayant donc sortis en tape, a visé juste en les mettant sur la prog : le concert est très bien passé, et rien de mieux pour introduire le dernier groupe de la soirée.


Nous arrivons à la fin de la fête, c’est déjà au dernier groupe de se lancer, et rien de mieux que les propres organisateurs du fest pour les annoncer, se disant « très fiers » d’avoir pu les amener à Paris ce soir afin de célébrer ce premier anniversaire. Profitant de remercier toutes les personnes ayant participé de près ou de loin à cette soirée et à toute l’activité du label ainsi que de remercier tous les groupes présents, c’est maintenant au tour du « Marteau Nantais » comme ils ont eu bon de les présenter.

Je ne vais pas vous cacher que si je suis venu à cette soirée, c’est principalement pour eux. Leur 1er album Abuse/Abused vient tout juste de sortir sur le label Straight & Alert (PPB a également pressé des tapes qui se sont vendues en un rien de temps sur leur site) et quelle pépite ce full length ! C’est tout simplement 19 minutes de powerviolence exécuté à la perfection. 

Ils entament donc leur set dans une chaleur étouffante, mais quel bonheur ! Bien que victime d’un nouveau line up pas encore très bien rodé (c’est seulement leur 2ème concert avec ce line up, le 1er ayant eu lieu la veille à Rouen, les morceaux ne s’enchaînent pas aussi bien qu’ils le devraient, et il y a eu quelques discussions entre les musiciens entre certains morceaux), cela n'enlève rien à leur prestation, bien au contraire. Leur nouvel album est, de la même manière que Lodges, largement mis en avant, jouant une bonne partie de celui-ci et c’est un Alexis en pleine forme et donnant tout ce qu’il a sur scène qui mène la barque, tenant aussi bien son groupe que son public, bondé et réactif. Le son est toujours au top, chaque instrument est parfaitement audible et sans déchet. Je passe donc un excellent moment devant leur show et n'ai absolument pas vu le temps passer. J’ai pu profiter d'une set-list aux petits oignons avec « A Perpetual Wait », « Twice Rather Than Once », « Sink Again », « Drifting Away » et j’en passe, pour terminer sur un « Boiling Point » (reprise de SSD) des plus fédérateurs.

Avec un show de cette qualité, il n’y a pas de doute, je vais sans hésiter retourner les voir en 1ère partie de Magrudergrind le 28 mars prochain dans le 77 (Pub ADK).


PPB a réussi ce soir à me faire passer une excellente soirée, montée par des passionnés pour des passionnés. Petit bémol pour la salle, dont la chaleur fut étouffante, et avec un carrelage trempé et glissant, ne laissant pas vraiment de liberté au public. En espérant donc que le label continue à sortir ses tapes DIY, et que le 2ème anniversaire soit aussi gras.


Sinner

mercredi 24 février 2016

Live-report : Lionheart + Desolated + Fallbrawl + Wolfpack


Même si j'aime de plus en plus le Hardcore, j'ai beaucoup hésité à prendre ma place pour ce concert tant le Hardcore Beatdown me laisse de marbre sur skeud. Pas faute d'avoir essayé à de nombreuses reprises mais Nasty, Fallbrawl et compagnie, au bout de deux titres, j'en ai ma claque.

Du coup, le seul groupe de l'affiche qui m'attirait réellement était Lionheart, venu promouvoir leur nouvel opus Love Don't Live Here. Déjà vu au mois d'août, les Ricains sont vraiment bons en live, très fédérateurs finalement. C'est donc la seconde fois que je les vois mais exit la Méca, on passe au Gibus Live, en configuration "grande", ce qui reste un poil plus agréable (un peu plus de place pour circuler et atteindre le bar !).

Premier coup de gueule (avant même de parler musique) : interdiction de rentrer avec un sac dans la salle. Du coup, passage par la consigne obligatoire. Alors je ne sais pas qui a instauré cette règle (l'orga ? la salle ? les groupes ?) et je n'ai rien contre une consigne obligatoire dans la mesure où elle est gratuite. Sauf que là, c'est deux euros par article. Dans le genre "je prends le public pour des gros cons", on ne fait pas mieux je pense. Pire, l'orga n'a même pas osé répondre aux commentaires postés sur Facebook par de nombreuses personnes "outrées" (et c'est totalement justifié) de ce genre de méthode. Un peu de transparence ferait du bien les gars !

Revenons en à nos moutons : la musique. Tout débute avec Wolfpack, des frenchies qui sont en terrain connu (venant de Paris). Clairement pas ma came mais alors pas du tout. Du Hardcore Beatdown certes mais où rien, dans la musique, ne me donnera envie de bouger ou d'envoyer des moulinets de tous les côtés. De plus, j'ai eu énormément de mal avec la voix du chanteur, assez rocailleuse, mais qui ne me semblait pas du tout en adéquation avec la musique du groupe. Du coup, je n'ai rien retenu de leur prestation. Dommage !



S'ensuit Fallbrawl qui joue dans le même registre... mais en beaucoup mieux ! J'ai entendu beaucoup de bien de leurs lives et j'ai même pris le temps d'écouter un album en entier juste avant de venir même si j'adhère moyennement au genre. Et bien mon cochon, c'était pas mal ! Déjà car les breaks donnent envie de péter la gueule à ton voison (et que c'est clairement ce qu'on souhaite entendre dans un concert du style) mais aussi car la voix est vraiment géniale, très grave, très violente. Bon les chansons ont tendance à se ressembler un peu trop et je n'écouterai pas ça tous les jours mais j'ai beaucoup aimé certains titres (comme "Brotherhood" il me semble). Une bonne surprise !



Troisième groupe à monter sur les planches du Gibus : Desolated. Clairement mon préféré des trois que je ne connaissais pas ou peu. Du Hardcore Beatdown certes mais avec quelques touches Thrashy par moment (on a le droit à quelques riffs bien badass) et des chansons assez variées. Le chanteur, assez charismatique, a une putain de voix et tout s'enchaine très (trop ?) vite. On notera que le chanteur de Fallbrawl est venu pousser la chansonnette au début du concert, ce qui mit tout le monde d'accord en un instant. Desolated est clairement une bonne surprise pour ma part, je vais donc de ce pas me jeter sur leur discographie (et en plus, les pochettes des derniers albums sont magnifiques !).



La touche finale, c'est Lionheart. Et là, on passe au cran supérieur. Le public ne s'y trompe pas et ça devient le bordel dans la fosse (moins de KDS par contre). Tout débute avec "Pain" du dernier opus, titre qui franchit aisément le cap du live, avec un public réceptif au possible. On est bien obligé d'admettre que les titres de Lionheart sont calibrés pour la scène : "Rest in Power" scandé par la foule, "Love Don't Live Here" qui est clairement l'une des chansons les plus bandantes du dernier album ou encore l'enchainement "The Truth"/"Rat" (d'ailleurs, cet EP est extrêmement bien représenté dans la set-list, contrairement au tout premier album complètement absent). Le point de culminance sera la doublette "Undisputed"/"Lifer" et son terrible final "Rest in peace to my ennemies" mené par un Rob Watson au top de sa forme. Notons que le chanteur de Mind Awake viendra sur scène pendant "Brother's Keeper" et force est d'avouer qu'il a toujours une putain de voix et une patate énorme. Le concert se terminera sur la fédératrice "LHHC" suivi d'un "From Nothing" en rappel. Lionheart, c'est loin d'être original, on est rarement surpris mais ça tabasse sévère en live et, finalement, on n'en demande pas plus. Pari réussi pour les Californiens qui prouvent encore une fois qu'ils sont une valeur sûre du Hardcore.



Une bonne soirée, remplie de surprise (Fallbrawl, Desolated) qui fait du bien en cette période un peu frisquette. Je ne pensais pas autant apprécier les deux groupes précédents Lionheart mais bon, il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis ! Dernier petit mot à propos du Gibus qui est une salle que j'apprécie plutôt bien et qui semble se tourner de plus en plus vers le Hardcore. Du coup, vivement les prochaines dates comme Power Trip, Mizery ou encore No Turning Back !


vendredi 22 janvier 2016

Live-report : Persistence Tour 2016


Le Persistence Tour est un événement devenu immanquable pour les fans de Hardcore, proposant des affiches (en général) de qualité. Et cette année, force est d'avouer qu'elle envoie du lourd. Voyez plutôt : les Allemands de Risk It (faisant la promotion de leur nouvel opus Cross to Bear), Wisdom in Chains assez rare en salle, le Hardcore assez spécial mais pas inintéressant de Twitching Tongues, le Crossover d'Iron Reagan, le Hardcore Mélodique de H2O, les excellents Terror et enfin Ignite qui, étonnamment, se retrouve en tête d'affiche sur ce Persistence. C'est donc cette superbe affiche qui pose ses bagages au Gibus Live, en configuration "grande" bien sûr.

Malheureusement, suite à un empêchement de dernière minute, j'ai raté les show de Risk It et Wisdom in Chains. Il parait que le second a vraiment mis une claque à tout le monde alors que pour Risk It, les avis restent partagés.

Bref, j'arrive juste après le dernier morceau de Wisdom in Chains, retrouve rapidement mes amis et attend impatiemment Twitching Tongues. Ayant énormément apprécié leur dernier opus Disharmony, je m'attends à prendre une claque énorme. Et.. non. Alors, j'étais content de les voir, vraiment hein ! Mais déjà, première déception : le son. Franchement moyen, ne mettant pas en valeur les compos pourtant très intéressantes du groupe. Second point négatif : la voix. Alors, je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais ça ressemble pas vraiment à la voix en studio. Beaucoup plus claire, limite Glam, ça m'a empêché de rentrer dans leur show. Du coup, j'espère que c'est vraiment une passade et pas une nouvelle direction que prend le groupe. Bon, un point positif quand même : j'ai apprécié entendre les titres "Disharmony" ou encore "World War V" (si je ne me trompe pas, ils ont terminé par ce titre). A revoir dans de meilleures conditions.


Vient ensuite Iron Reagan et leur Crossover bien délirant. Déjà vu au Hellfest 2015, j'avais hâte de les revoir et me défouler dans le pit, qui sera bien violent soit-dit en passant. Le groupe est bien en forme et commence directement avec "I Won't Go". Le public répond donc présent en se déchainant dans le pit et les slammeurs s'en donnent à cœur joie. Le groupe aura le temps de jouer 16 chansons (soit 30 minutes de jeu, véridique !) avec, au milieu, l'excellente "Miserable Failure" où Foresta demandera un circle-pit qui fit mouche. Bon, j'ai quand même trouvé le son beaucoup trop fort, à tel point que je me suis reculé sur la fin du show. Le groupe est en tout cas bien heureux d'être présent sur cette tournée et le public lui rend bien. Peu de choses à dire sur Iron Reagan, c'est toujours efficace, un peu comme Municipal Waste, et même si les shows se ressemblent tous, on s'éclate toujours autant. Et c'est bien ça le principal !


H2O était clairement le groupe que j'attendais le plus. Découvert en live au Petit Bain quelques mois auparavant, j'en suis devenu un gros fan, ayant écouté tous les albums et EP du groupe. Et franchement, si vous ne connaissiez pas H2O avant ce soir, vous avez été gâtés niveau set-list : pas originale du tout mais remplie de tubes (ceci dit, la disco du groupe est un condensé de tubes !).
Le groupe balance dès le départ l'excellente "Nothing to Prove" dont le refrain fut scandée par toute la fosse. Les titres s'enchainent très bien avec "Family Tree" (Toby Morse faisant chanter bon nombre de personnes présentes dans les premiers rangs), "One Life, One Chance" qui respire la bonne humeur, musicalement parlant ou encore "1995". Le dernier album en date est assez bien représenté dans la set-list avec "Skate", "Use Your Voice" ou "Black Sheep" (je trouve ça dommage que l'on n'ait pas le droit, en live, à la petite morale d'introduction présente sur la version studio). En termes de gros coup de cœurs, je note principalement "5 Year Plan" qui est très fédératrice et "What Happened" qui possède des paroles sincères et auxquelles j'adhère complètement. Bref, H2O est déchainé, surtout Toby Morse qui s'en donne à cœur joie (j'adore sa dégaine d'ado éternel !) sautillant comme un enfant et occupant sans soucis toute la scène. Notons que le nombre de slammeurs à considérablement augmenté comparé aux concerts précédents (et ça ne va pas aller en diminuant !), ce qui mit une très bonne ambiance dans le fosse. Bref, H2O a partagé sa bonne humeur et son attitude positive à toute le Gibus Live : merci à eux !


Beaucoup de personnes étaient venues pour Terror. Déjà car on a vu un nombre incroyable de t-shirts et sweet à l'effigie du groupe mais aussi car c'est pour Terror que la fosse fut la plus remplie. Terror n'a pas forcément convaincu tout le monde avec son dernier opus en date The 25th Hour mais en live, c'est une autre paire de manche. Le groupe commence directement avec "One with the Underdogs" suivi de "Stick Tight", qui fait bouger la fosse comme jamais. Le truc avec Terror, c'est que ce n'est jamais original mais putain, que c'est bon ! Le groupe dégage une puissance, une fureur qu'on ne retrouve pas chez tous les groupes et ce grâce à son frontman Scott Vogel qui engraine le public à monter sur scène, à se foutre sur la gueule pendant chaque titre. Rien de surprenant niveau titres joués avec toujours les mêmes incontournables comme "Return to Strength", "Always the Hard Way", "You're Caught" ou "Spit my Rage" mais également des titres du dernier opus comme "The Solution" ou "No Time for Fools" qui s'intègrent bien à la set-list. Notons que le nombre de slammeurs à explosé : on a vu des personnes slammer 5 fois par chansons (ça devenait un poil abusé par contre là...), ce qui a un peu énervé certaines personnes des premiers rangs. Trop de slam tuerait le slam ? Bref, Terror est une valeur sûre du Hardcore en live et il vient encore une fois de le prouver. A voir et revoir sans modération !


La touche finale, c'est Ignite. Alors j'ai pas trop compris pourquoi ils étaient en TA. D'ailleurs, la salle s'est considérablement vidée pour eux. J'apprécie particulièrement l'album Our Darkest Days qui est un concentré de tubes mélodiques. Malheureusement, le concert de ce soir ne restera pas dans les esprits. Tout d'abord, le groupe va commencer beaucoup plus tard que prévu (chaque groupe ayant pris du retard donc forcément...), autant dire qu'arrivé à minuit (l'heure où j'ai dû partir), le groupe n'avait fait que la moitié de son show. Du coup, je n'ai même pas eu la chance de voir le titre "Bleeding" que j'affectionne tant (joué en général en dernier). De plus, le son était franchement pas fameux, à tel point que certains titres devenaient méconnaissables. Enfin, j'ai trouvé ça mou. La première raison, c'est le nouvel album qui est franchement en deçà de ce que peut faire le groupe (et vu que le groupe a débuté son show par "This is a War",forcément ça n'a pas aidé). La seconde raison, c'est l'absence d'un guitariste (j'ai appris ça par la suite, j'avoue ne pas m'en être rendu compte sur le moment). Du coup, cela s'est vraiment ressenti dans la prestation d'Ignite. Bon j'ai quand même apprécié quelques titres comme "Fear is Our Tradition", "Let It Burn" ou "Veteran" mais rien de marquant néanmoins. Je quitte donc la salle sans remords et me dis que j'aimerai bien les revoir dans des meilleures conditions de jeu.


Premier Persistence Tour pour ma part et je ne suis pas déçu malgré quelques groupes ayant fait des prestations assez mauvaises (Twitching Tongues, Ignite). J'ai passé une excellente soirée et j'ai juste hâte d'être à l'année prochaine pour le Persistence Tour 2017 (avec je l'espère un petit Turnstile sur l'affiche !).

Chab